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Contribution poétique

Voici un ensemble de textes réalisés / étudiés dans le cadre du cours de français de Mme Richard.

Tercets acrostiches sur l’EAU

Eternelle source de bonheur et de vie
Aucun autre élément ne permet la survie
Unique en ce monde toujours elle nous ravit

Elle me met d’admirable humeur
Au moindre de ses gestes j’ai peur
Une eau claire apaise cependant ma douleur

Elle est pure car née dans les hautes montagnes
Avec ma crainte j’attendrais parfois des heures
Une goutte suffirait, c’est un don de bonheur

Eau , tu m’emplis de cette fraîcheur pétillante
Antidote la soif, nécessaire à la vie
Un danger pour certains, un bienfait pour les autres

Elle me soulage de sa douce fraîcheur
Avec ses beaux reflets de toutes les couleurs
Unique et indispensable dans notre vie

Elle est incomparable pour la survie de l’homme
Au plus profond de l’océan elle est venue
Ultime élément d’existence elle la donne

Elle est transparente mais c’est une merveille
Avec elle plus de sécheresse ne sévit
Une goutte gelée fait revivre ma peur

Eminence endormie qui rafraîchit nos nuits
Aile de liberté elle nous offre la vie
Universelle douceur, jouvence infinie

Antoine de Saint Exupery - Hymne à l’eau

1935. L'avion de Saint-Exupéry, parti avec son mécanicien Prévôt pour un raid Paris-Saïgon, s'est écrasé en plein désert de Libye. Sur le point de mourir de soif, les deux hommes sont miraculeusement sauvés par une caravane de Bédouins.

C'est un miracle... Il marche vers nous sur le sable, comme un Dieu sur la mer...
L'Arabe nous a simplement regardés. Il a pressé, des mains sur nos épaules, et nous lui avons obéi. Nous nous sommes étendus. Il n'y a plus ici ni races, ni langages, ni divisions... Il y a ce nomade pauvre qui a posé sur nos épaules des mains d'archange.
Nous avons attendu, le front dans le sable. Et maintenant, nous buvons à plat ventre, la tête dans la bassine, comme des veaux. Le Bédouin s'en effraie et nous oblige, à chaque instant, à nous interrompre. Mais dès qu'il nous lâche, nous replongeons tout notre visage dans l'eau.
L'eau !
Eau, tu n'as ni goût, ni couleur, ni arôme, on ne peut pas te définir, on te goûte, sans te connaître. Tu n'es pas nécessaire à la vie : tu es la vie. Tu nous pénètres d'un plaisir qui ne s'explique point par les sens. Avec toi rentrent en nous tous les pouvoirs auxquels nous avions renoncé. Par ta grâce, s'ouvrent en nous toutes les sources taries de notre cœur.
Tu es la plus grande richesse qui soit au monde, et tu es aussi la plus délicate, toi si pure au ventre de la terre. On peut mourir sur une source d'eau magnésienne. On peut mourir à deux pas d'un lac d'eau salée. On peut mourir malgré deux litres de rosée qui retiennent en suspens quelques sels. Tu n'acceptes point de mélange, tu ne supportes point d'altération, tu es une ombrageuse divinité...
Mais tu répands en nous un bonheur infiniment simple.

SAINT-EXUPÉRY, "L'eau miraculeuse", Terre des hommes, Chapitre VII, " Au centre du désert ", Éditions Gallimard, 1939 - Folio

Hymne au feu

Un montagnard accourut soudainement vers moi. Affolé, il me supplia de l’aider. Son chalet avait pris feu. On s’y est donc vite rendus, quelques mètres plus loin. Je restais immobile, à regarder les débris tomber et le chalet doucement s’effondrer. Le bruit de craquements de bois brûlés résonnait dans ma tête. Je voyais le montagnard fou de me voir rester-là à ne rien faire. Il pensait vraiment qu’en jetant de la neige, il pouvait étouffer le feu. Moi, je ne bougeais toujours pas, comme ensorcelé, paralysé. Je fixais le feu comme si un regard suffisait à l’éteindre. Sa chaleur réchauffant mon corps glacé et sa couleur vive et forte le rendait diabolique. J’oubliais que j’étais dans une forêt, en plein hiver, perdu. Le simple fait de pouvoir me réchauffer près de ce chalet me redonnait espoir, et me faisait oublier que j’étais perdu et presque mort.

Le Feu !

Feu, tu n’es pas facile à comprendre, tu es intouchable, tu n’es ni bon, ni mauvais, on t’admire sans vraiment te connaître. Tu n’es qu’un élément mais tu es l’élément de la réalité de la vie elle-même. Associé au Soleil, tu ramènes du bonheur et de l’espoir. Tu illumines même quand il fait noir. Divinisé dans de nombreuses cultures et objet de l’adoration d’un grand nombre de peuples et tribus et faisant partie de traditions religieuses, tu es devenu une espérance de vie, une puissance. A travers le temps, tu as su te venger par la condamnation au bûcher, la torture et les incendies causés grâce à tes flammes diaboliques et envahissantes. Mais tu as un point faible, une peur qui te rend impuissant envers ton ennemi : l’eau, l’un des quatre éléments. Toi, qui es beau et cruel à la fois, tu es et reste unique à mes yeux.

Amélie SALAS, 4ème 5

Hymne au feu

Je l’ai simplement regardé, sans une once de haine. J’avais brûlé avec un simple bâton de feu sa maison, celle où il avait passé son enfance, celle où il avait vu ses grands-parents mourir. Il ne reste plus que lui, un enfant de cinq ans, pleurant sa famille, se jetant à bras ouverts dans le monde de la tristesse. Je n’ai pas de regrets. C’est pour ma patrie, mon pays.

J’entends des hurlements, des pleurs, le bruit du feu. Autour de moi, des cris de victoire aussi, la guerre est finie et là, je reconnais mon pays, toujours aussi fort. Soudain, plus rien, je sens une impression de victoire, une chaleur miraculeuse qui tourne autour de moi, je la dois au feu.

Feu !

Feu, tu es fort, puissant, tu es notre ami, et ennemi. Tu nous es utile, sans toi nous ne serions pas là en ce moment. Tu es le centre du monde, tu as en toi une sensation de victoire. La chaleur que tu transportes est, pour nous, aussi une sensation de fraîcheur.
Tu es la plus grande richesse qui soit au monde et tu es aussi la plus délicate, toi si parfait. Le danger que l’on traverse ne nous fait plus peur, la mort non plus. Tu es un feu de joie pour nous, un feu de tristesse pour eux. Ton visage que l’on ne voit jamais, accompagne nos troupes qui crient « Victoire » sans même se battre.

Grâce à toi, nous sommes toujours solidaires et toujours vainqueurs.

Alissa Ozeki 4ème 5, Section J